des sapins, des baleines et du sirop pour la toux...
comme je suis au lit pour cause de bronchite aigue, j'en profite pour avancer dans les aventures du capitaine Achab à la poursuite de Moby Dick...
enfin, à la page 583, on a toujours pas vu la fameuse baleine... par contre on sait tout des cordages, des différentes représentations du cachalot dans l'histoire de la peinture, du cabestan, du dépeçage de la baleine, des différentes sortes de harpons, de chaudières... dès que je suis guérie je peux postuler pour faire harponneur... (beeerk... et si en plus je vous dit que les baleineaux, n'ayant pas encore acquis l'instinct de fuite devant l'homme, viennent jouer et se faire carresser la tete par les rameurs des baleinières...)
enfin, elle devrait bien finir par apparaitre, cette foutue baleine blanche... (déjà qu'on a attendu 384 pages avant que l'équipage n'aperçoive la première grise... ça promet...) je commence à soupçonner un dénouement en queue de poisson (hu hu) du genre "et ils découvrirent que la fameuse baleine n'existait en réalité que dans leur imagination, que c'était le monstre de ruse tapi en chacun d'eux, et la cristallisation dans leurs esprits atteints de scorbut des périls de la mer"... (ça y est, la fièvre me reprend je crois bien)
celà dit, on aura quand meme appris un truc très utile, les deux règles qui régissent la vie de l'équipage des baleiniers, (énoncées dans un langage un peu primitif, mais toutefois fort compréhensible, de marin)
-I un poisson attaché appartient au harpon attaché à lui
-II un poisson perdu appartient à qui l'attrape le plus vite
(et je vous prierai de ne pas discuter la légitimité de ces deux règles, y'a au moins deux chapitres qui attestent de leur justesse)
Voilà, il nous reste 147 pages pour espérer voir une baleine blanche, le temps d'aller mieux j'espère grace à de fabuleuses potions...
En attendant la suite, quelques images du Christams Village, haut lieu de la bougie dorée et du sapin artificiel... (un peu moins de trucs kitsch cette année, on revient aux traditionnels rouge et vert, aux écorces enneigées et aux rennes... celà dit, cet endroit devient insupportable, il y a plus de vendeurs que de clients (des fois que vous chipiez un santon ou que vous tentiez de camoufler un sapin de 2,20m de haut sous votre jaquette...) mais ils ont un fabuleux village de Noel miniature animé qui serait du plus bel effet sur le bord de ma cheminée...)
et le fabuleux village miniature...
un brasseur, une panthère et un plateau de biscuits...
Depuis
la semaine dernière je me promets de vous parler de ces trois livres...
voilà que je trouve enfin un moment...
"la
petite ville où le temps s'arréta" de Bohumil Hrabal
un très
joli livre, très évocateur, qui se passe dans les alentours d'une
brasserie hongroise. Une brasserie pleine de cris, de rires, de
mouvement, bref de gens. L'enfant qui raconte, ses parents et surtout
son oncle Pepi, personnage fantasque arrivé "pour une visite de quinze
jours et depuis jamais reparti". Et c'est donc là, qu'avec Pepi, le
temps s'est arrété. Pepi qui boit, danse, raconte des histoires et rit
au nez de l'occupant allemand pour distraire les filles... car si le
temps s'est arrété, l'histoire est bien là, celle de la guerre puis de
la révolution populaire qui installera une autre tyrannie... du regard
de l'enfant sur les événements, on passe à celui du père qui, une fois
chassé de la brasserie, s'inventera une nouvelle vie avec la découverte
d'un camion et se fera livreur de légumes... je ne vous en dis pas plus
et vous laisse découvrir cet auteur dont j'ai hate de dégotter d'autres
livres...
"Le vieux
qui lisait des romans d'amour" de Luis Sepulveda
Après la Hongrie, le Chili
cette fois, avec ce livre que m'a envoyé Nathalie. Changement radical
donc, puisqu'on passe du ramassage de la glace dans l'hiver hongrois à
la traque au fauve dans la foret amazonienne...
Un livre bati autour du
personnage de Antonio José Bolivar Proano, qui a passé une partie de sa
vie parmi les Shuars, tribu amazonienne, avant d'en etre chassé et
d'avoir rejoint le village d'El Idilio, où il coule des jours
tranquilles en lisant des romans d'amour et en faisant profiter les
autres villageois de son savoir acquis dans la jungle. Quand un homme
est retrouvé mort, il identifie immédiatement la culpabilité d'un grand
félin, qu'on le charge alors de retrouver. Ce livre n'est pas un livre
sur la chasse au jaguar. Ce n'est pas non plus l'histoire d'un village
au bord du fleuve Nangarita. C'est un roman d'amour. Un roman d'amour
entre un homme et un environnement qu'il a réussi à apprivoiser sans
pour autant le maitriser, entre Antonio José Bolivar et la jungle qui,
tour à tour cachette, refuge ou source de dangers, a tous les aspects
qu'aime le personnage dans les livres qu'il lit: "des livres d'amour,
tristes, avec des gens qui s'aiment pour de bon et qui souffrent
beaucoup et un happy end"... pour le happy end, on repassera, mais pour
le reste, vous etes servis!
"L'étrange
histoire de Benjamin Button" de Francis Scott Fitzgerald.
Depuis la lecture d'"Alabama
song", j'avais très envie de lire quelque chose de Fitzgerald...
Cette trouvaille en folio dans un supermarché lorrain cet été a fait mon
bonheur, mais pas forcément de la manière que l'on croit... Car si la
nouvelle "l'étrange histoire de Benjamin Button", histoire d'un homme
qui nait vieillard pour rajeunir au court de sa vie, est bien écrite et
rondement menée, c'est surtout la deuxième nouvelle du livre qui m'a
plu."La lie du bonheur" est un petit bijou. Extraite du recueil "les
enfants du jazz", cette nouvelle de 40 pages est une merveille de
mélancolie et d'abandon touchant, sans larmoiements ni débordements
psychologiques. Une économie de mots qui mène à l'essentiel et touche au
but, sans rien dire de trop, un vrai talent qui ne m'a pas frappé dans
l'histoire de benjamin Button, pourtant plus connue, sans doute en
raison du film il est vrai... Quoiqu'il en soit, si les romans de
l'auteur sont à la hauteur de cet échantillon-là, voilà qui promet de
bien jolies lectures futures!
de tout et de rien...
que retenir de ces quelques journées?... est-ce le fabuleux buffet sucré de Sophia (je précise que je n'ai rien fait, à part disposer harmonieusement les cannelés et les chouquettes en montagnes...) (et aussi un peu de coaching de self-estime aussi... c'est toi la meilleure So!)
...ou alors ce cours de GAG (si si, encore) d'aujourd'hui, encore plus douloureux que mardi... je n'oserais défier la prof de faire mieux la prochaine fois, je suis sure qu'elle s'en tirerait très bien...
... ou encore cette trouvaille poilanesque innatendue et si réconfortante... du pain parisien à Milan... "il vient de France" m'a hautainement précisé le vendeur... "et alors, moi aussi" me suis-je empressée de lui répondre...
...et sinon, on pourrait aussi parler lecture...avec le cabaret de la dernière chance de Jack London, qui raconte d'une façon qui se veut édifiante, en réalité plutot ennuyeuse, sa lente progression vers l'alcoolisme (c'est wikio qui va encore etre content de me coller alcoolique dans les mots-clefs...). Le livre, assez long, qui a contribué à l'introduction de la prohibition aux Etats-Unis en 1919, insiste sur l'aspect social de l'alcool, et sur le fait qu'un buveur émérite, tant qu'il ne roule pas dans le caniveau, est un homme respecté et considéré comme étant d'agréable compagnie... le titre, c'est le nom de la taverne où London accomplit ses premiers exploits de buveur (et admirez avec quel à-propos la dame qui vend les livres a judicieusement placé l'étiquette de prix...), et qui ne suffit pas selon moi à résumer le livre... au-delà de l'aspect "confessions alcooliques", le roman raconte aussi le parcours de l'auteur, de l'usine aux ports de peche où il apprend à se faire respecter, de vagabondages en études universitaires, de miséreux portant tout au Mont-de-piété au statut d'écrivain reconnu...
...autre auteur, autre style, avec Eldorado de Laurent Gaudé, court, sans fioritures et tout simplement excellent... des récits de parcours, des bribes de vies qui s'entrecroisent, celles de divers émigrants qui tentent de rejoindre l'Europe, ballotés par le destin, à la merci de passeurs sans scrupules, des colères de la mer et des autorités qui les repoussent... sans jamais jouer la carte de pathos, de la larmichette qui guette... parce que ces personnages sans nom, dont on ne connait que des bribes d'histoires, ne sont que le visage de la multitude, que des points mis un instant en lumière dans la foule qui se presse aux portes de l'Europe en quete de l'Eldorado... un très beau livre, à lire absolument...
... c'est tout pour l'instant, bon week-end!
du vrac en veux-tu...
en voilà!
en même temps, comment vous parler de manière sensée d'un dimanche à la mer, d'un pommier, d'une cruche de pastis "vintage", comment vous expliquer pourquoi j'ai envie de ces deux livres: "la folie sans peine" de Didier Raymond et Clément Rosset et "les malabars sont fabriqués avec de la graisse de porc et les nougats avec des queues de souris" de Patricia Berreby, rien que pour son titre (si quelqu'un l'a lu, j'attends son avis)...
comment vous raconter Milan desertée depuis hier, sacro-saint mois d'août oblige, les rideaux baissés devant les boutiques, les kiosques à journaux en berne, les plantes naines que les amis nous somment de garder en leur absence, et comment on se console en éradiquant la pile des livres en attente et quelques moustiques, en buvant l'apéro à tout bout de champ en mangeant des trucs avec les doigts (recette là), en faisant des listes de livres à trouver en France (finalement les oublier, et choisir au hasard une fois sur place)...
se passionner quelques instants pour de jolies éditions de théatre, et me dire finalement que le théatre contemporain, c'est pas mon truc (les dramaturges ayant l'air de croire que, puisque Ionesco se permettait de ne pas faire sonner les horloges, ils peuvent ne pas donner de cohérence à leurs pièces), se rabattre sur "les yeux jaunes des crocodiles" de Katherine Pancol qui m'a plu (qui l'eut cru) malgrès des rebondissements souvent gnangan (non mais franchement, le coup du jumeau, ça marche encore?) et des personnages parfois caricaturaux (la fille ainée, on lui mettrait bien une paire de claque à chaque fois qu'elle s'exprime non?), qui ne m'ont pas empéché de le finir à la plage, preuve en est la marque rose de mon maillot ayant déteint sur la tranche...
et puis aussi, tant qu'on parle de livres, attendre avec impatience les vacances en se plongeant chaque soir dans un formidable livre, le "dictionnaire des lieux imaginaires"... pas un roman donc, mais un réservoir à romans, recenssant les lieux imaginaires de la littérature... soit au moins deux livres convoités par page... sachant qu'il comporte 622 pages, de Abaton, ville à localisation variable que personne n'a jamais atteinte, à Zuy, prospère royaume d'elfes aux Pays-Bas, et qu'il est déjà truffé de post-it alors que j'ai à peine atteint la page 33, qui sait encore jusqu'où il me ménera...
ps: pour les milanais désoeuvrés, entrée gratuite au musée de la Triennale en août!
Marcel, les femmes et l'art de la joie...
quand j'étais plus jeune (écoutez mamie flou qui vous parle), je croyais que les féministes, c'était un peu comme des nanas qui refuseraient de s'épiler pour ne pas se soumettre à la dictature masculine, et qui voudraient pas qu'un mec leur paye à boire en discothèque... en gros... disons que je voyais pas l'interêt, du coup...
C'est si rare maintenant quand une femme a du tempérament, que quand une femme en a, on dit que c'est de l'hystérie. (Jules Barbey d’Aurevilly, extrait des Pensées détachées)
et puis j'ai découvert l'Italie... qui dans certains domaines, et celui-là en particulier, a à peu près un demi-siècle de retard... où les gens donnent leur avis sur toi à ton mec comme si tu n'étais pas là, en évaluant tes qualitès et défauts d'un oeil connaisseur, où quand c'est toi qui demande l'addition le serveur regarde ton mec/pote d'un air navré, où les mecs se vantent de leurs maitresses au bistrot comme d'une bonne blague, où dans un magasin type Darty c'est toi qu'on regarde quand il s'agit de fer à repasser, ton mec quand il s'agit d'un ordi (même si moi je ne repasse JA-MAIS et par contre, l'ordi, c'était pour moi), où la femme doit nécessairement écouter attentivement les conseils de sa belle-mère, où les mecs se permettent en pleine conversation des "zitta ignorante" (plus ou moins "la ferme idiote") à leur copine devant toi comme si c'était normal, où dans une voiture c'est nécessairement l'homme qui conduit, et quand il s'agit d'argent ou de décisions importantes toujours l'homme qui parle, où les soirées chez des gens se finissent souvent par "les mecs au salon qui boivent en se racontant des bonnes blagues, les filles dans la cuisine qui parlent chiffons en évaluant les mérites comparés des détergents ménagers" (ce qui me fait immanquablement demander, quand l'une d'elle tente de m'entrainer "mais pourquoi pourquoi, moi-aussi je veux aller boire du brandy dans le fumoir")
alors, évidemment, je passe pour une timbrée... ou plutot pour "una ragazza tosta" (une fille pas commode quoi, qui porte la culotte!)...heureusement, ils se disent que c'est parce que je suis française (on a la réputation d'etre libérées, même que des fois les gens me demandent si c'est vrai qu'en France on s'embrasse tous sur la bouche...) (mais bien sur)
Du coup évidemment, je mesure les avancées faites dans le domaine de la condition féminine... du coup, évidemment, moi aussi je suis devenue féministe... (du coup je m'épile plus... nan je déconne)
On se souvient d'une atmosphère parce que des jeunes filles y ont souri.
(Marcel Proust, extrait de La Prisonnière)
Et en ce moment, ces idées occupent mon esprit pour plusieurs raisons... des histoires de femmes déjà, qui me sont racontées, comme celle racontée par un ami, celle de sa grand mère élevée par ses grands-parents et dont la véritable mère (mère célibataire évidemment) avait été envoyée seule à Londres pour "expier" chez des parents éloignés, après une humiliation publique à l'église du village...
Et puis aussi, la lecture de ce livre, "l'art de la joie" de Gollarda Sapienza, un pavé de plus de 800 pages certes, mais un pavé passionnant, retraçant le destin de Modesta, femme née en 1900 dans un village de Sicile, qui toute sa vie s'opposera à la notion de convenance, et ce dans tous les domaines... de son rapport à l'amour à l'éducation de ses enfants, dans son rapport à l'argent, au pouvoir, au corps; de la ferme de ses parents au domaine des Brandiforti, du couvent à la prison politique, un portrait de femme exaltée, passionnée, parfois égoiste et meme criminelle, qui n'en reste pas moins un modèle de poursuite du bonheur, de soif de liberté et d'épanouissement...
Je suis ravie que le livre ait été si long, d'avoir pu partager la vie de ses personnages pour plus d'une soirée... Modesta m'a ainsi accompagné à la plage samedi dernier (et m'a meme appris à faire la planche, je n'avais jamais réussi avant!) et toute cette semaine un peu partout... à conseiller à tous, et surtout aux filles, évidemment!
Et pour ceux et celles pour qui le féminisme se résume à qui tient la porte à qui? ou à qui fait la vaisselle?, allez donc faire un tour là, sur la droite de l'écran se trouvent répertoriés les "concepts centraux et thèmes de lutte" du féminisme, autre chose que des questions ménagères...
les livres en question...
Tulisquoi voudrait savoir comment je choisis mes livres... il me semble avoir déjà répondu à cette question il y a quelques temps... aussi, je vais plutot essayer de déterminer les raisons de mon choix en ce qui concerne mes dernières trouvailles...
"La route" de Cormac McCarthy
je l'ai acheté en meme temps que "sur la route" de Jack Kerouac, parce que j'aime bien me faire des périodes thématiques de lectures... meme si les deux livres sont fondamentalement très différents, l'un auto-biographique, l'autre fantastique... je ne suis pas certaine que la mention "prix pulitzer 2007" m'ait influencé... je fuierais plutot les best sellers... Ici, il est question d'apocalypse et de cannibales vengeurs, mais, si j'ai bien interprété la quatrième de couv', ça semble plus etre une odyssée voyageuse dans la veine de l'excellent "fléau" (livre hautement recommandable) qu'un ouvrage de fantasy... Pour le reste, je ne peux guère vous en dire plus, vu que je n'en ai pas encore commencé la lecture...
"les petites vacances" d'Alberto Arbasino
l'exemple typique du plantage en règle... on aurait pourtant dit une valeur sure, entre la jolie édition, la photo de couveture comprenant à la fois un chapeau de paille et une carte de l'Italie, le titre évocateur, la mention d'Italo Calvino, l'ambiantation dans les lieux de villégiature de la bourgeoisie italienne des années 50, la mention "promenades en scooter sous les pins" du texte de 4ème de couverture... et pourtant, un flop... ça fait une semaine que je peine, espérant chaque soir le terminer pour passer à autre chose, et que je m'endors après avoir lu 10 pages à peine...(il m'en reste 26, espérons que ce soir soit la bonne...)...c'est pourtant bien écrit, mais les personnages sont aussi ennuyeux qu'ils s'ennuient, et leurs micro-aventures de oisifs même pas plaisants me barbent au plus haut point...
"où on va, papa?" de Jean-Louis Fournier
celui-ci, ça faisait un moment que je voulais le lire... mais, d'instinct, je savais qu'il fait partie de ces livres qui peuvent attendre d'etre trouvés par hasard... aussi ne me suis-je pas mis à sa recherche... et c'est ainsi que, 2 ans après avoir reçu le prix Femina, il arrivait enfin dans les librairies milanaises distribuant quelques livres en langue originale, grace à la selection du livre de poche "prix des lecteurs mai 2010" (en gros, ici ils appellent ça les nouveautés France... faut pas etre pressé dans ce pays...)... j'ai hate d'en commencer la lecture (dès que je finis ce satané suscité Arbasino...)... malgrè un sujet pas franchement rigolo, vu que l'auteur parlent de ses enfants qui, lourdement handicapés, ne pourront jamais le lire... (ce qui n'est pas sans me rappeler l'excellentissime (soyons fou) "premier homme" d'Albert Camus, autobiographie qui demeurera inachevée, dédiée à sa mère analphabète et avec le temps devenue sourde... par la dédicace "À toi qui ne pourra jamais lire ce livre.")... sauf qu'en plus, il parait que c'est drôle...
"les invités" de Pierre Assouline
achat compulsif décidé sur deux critères: l'auteur, dont je peine à suivre l'excellent blog la république des livres, parce qu'il y écrit beaucoup trop, et beaucoup trop bien (j'suis vite larguée sur pas mal de sujets... et je ne parle meme pas de certains débats parfois lancés dans les commentaires, qui me font me sentir d'une inculture sans bornes...), mais dont certains articles me restent longtemps en tête (celui-ci par exemple, mais devinez donc pourquoi...)
et puis, pour cette phrase qui conclut la 4ème de couverture (mais pourquoi ne dis-on plus jaquette?): "Tout diner est une aventure"...
je repasse ce tag à qui veut l'entendre, mais peut-être plus particulièrement à Louise de Bavardises, Bulles d'info, Isabella de SoOhCliché, Heidi et Céline de doucemiseenscene, si le coeur leur en dit...
l'élégance du hérisson de Muriel Barbery...
Après avoir lu avec beaucoup de plaisir "une gourmandise", premier roman de Muriel Barbery, je m'étais tout naturellement mise en quête du second...
... et quelle ne fut pas ma déception... si la trame de l'histoire se tient, que l'auteur tout comme dans son premier roman clame une passion que je partage pour la langue française, et utilise un vocabulaire parfois curieux qui n'est pas pour me déplaire, la magie n'opère pas du tout comme dans l'autre livre, dont la simplicité du discours, mélé à une reflexion plus profonde, m'avait séduit...
Je passe sur les digressions japonisantes un peu trop appuyées à mon goût (on a compris que l'auteur se passionne pour le Japon, il n'est donc pas nécessaire de nous faire une tartine sur chacun des attraits que revêt selon elle ce pays... le saké, le thé, les mangas, le poisson cru mariné et meme les portes coulissantes, rien ne nous est épargné... (et pourtant, je précise que je suis moi meme intriguée et admirative de bien des aspects de la culture traditionnelle japonaise...)
Au final, j'ai l'impression que ce livre a des défauts de premier roman, que le premier n'avait pas... dont un qui m'horripile, citer des marques... (a-t-on vraiment besoin de savoir que la concierge utilise un Bic orange?)
Mais surtout, j'ai l'impression que le snobisme tant décrié par les personnages principaux est ici remplacé par un autre snobisme, celui des gens appréciant le raffinement d'une certaine littérature, d'une certaine musique, d'une certaine cuisine (japonaise bien sur...)
Du coup je trouvais les personnages d'"une gourmandise" plus attachant que ceux de ce roman sur lesquels on veut nous apppitoyer (paradoxalement, car le personnage principal n'avait pourtant pas grand chose de sympathique...) mais on y trouvait plus d'humanité et de tolérance, et des personnages plus nuancés...
Car soigner des plantes vertes n'est pas plus vain que de tailler des bonzaïs, manger du jambon pas moins noble que déguster des sushis, qui ne goute pas l'opéra n'est selon moi pas nécessairement un ignare, et boire du thé entre voisins n'est pas un rite moins stéréotypé que celui de boire un café en lisant son journal le matin...
Aussi, pour un livre se moquant des préjugés et stéréotypes sociaux, on conviendra que tout ceci n'invite pas à la nuance dans le traitement du caractère des personnages... (le seul personnage échappant selon moi à la caricature est la femme de ménage, sympatique employée qui sait faire pardonner ses fautes de langage par la confection de fines patisseries et qui, bien que fort aimable, se laisse parfois aller à quelques mesquineries...) et incite à d'autres préjugés, plus fins certes, mais néanmoins convenu...
J'apprends au passage que le sucre roux est "un truc de gauche" (si quelqu'un sait pourquoi, je suis toute ouie...) et me demande bien où est passée cette légéreté dans l'écriture qui m'avait tant surpris et tant plu... et que l'on retrouve dans les annotations du blog de l'auteur... à quand un troisième roman qui, peut-etre débarrassé de toutes ses références parasites à toutes les choses que Muriel Barbery affectionne, retrouvant la simplicité et l'humilité du premier, sera plus épuré, plus essentiel, plus fin et délicat... à la japonaise?
revues retro, une dernière couche...
Comme ça vous a plu, je vous en remets un peu... c'est la dernière, mais c'est aussi un florilège... de jolies images, de conseils futés (ou pas) et de solutions miracles...
Maintenant, pour effacer les marques du temps et des expressions répétées, il y a les crèmes miraculeuses, le lifting ou les injections... mais avant, la seule solution pour éviter l'installation de ces rides liées à l'expressivité du visage, était... de ne pas se laisser aller à cette expressivité... tous ces conseils, aussi judicieux soient-ils, imposent tout de meme, s'ils sont respectés, un controle perpetuel de soi-meme et une expression figée dans un semi-sourire inexpressif, qui n'a sans doute rien à envier aux visage botoxés tant décriés aujourd'hui...
mais je dois dire que, ce que j'aime surtout dans ces conseils, c'est le ton péremptoire sur lequel ils sont donnés... on pourrait rajouter un "idiote" ou "gourdasse" à la fin de chaque proposition... du genre "il ne faut pas vous accouder à chaque instant, espèce de feignasse!", "aucune crème ne comblera les crevasses causées par ce tic, et c'est bien fait pour toi, pauvre gourde!"...
tout ça pour finir avec un corset et une blouse à col pelle à tarte dans une position ridicule de poignets relevés, telle la pintade prète à s'envoler...
...tu avais peut-etre la classe avec ton bibi à plumes, mais il fallait d'abord te soumettre au brunissage electrique (si quelqu'un a une idée, meme vague, de la nature de ce truc, qu'il nous éclaire...), à la rectification des seins (oh my god!) et aux grands principes de frère Marie-Antoine, savant religieux...
un peu de vrac et une fete nationale...
Aujourd'hui le mec est à Monte Carlo (pour travailler il parait, meme si les dernières nouvelles téléphoniques parlent plutot de baignade et de saucisses en guise de petit déj ahem...), du coup me voilà toute seule en ce jour de fete nationale (oui parce qu'ici on a deux fetes nationales... le 25 avril et le 2 juin... c'est comme ça...) au milieu des gens qui mangent des beignets gras en secouant des ballons... Comme il fait un temps épatant, j'ai trainé mon marcel du coté de la Triennale, éminent musée désert au matin, puis dans le parc Sempione, slalomant entre des coureurs en phase de cuisson, puis chez Decathlon (si quelqu'un a un plan pour des chaussures de course qui ne soient pas horribles, je suis preneuse), puis chez Zara (une question, ça ferme jamais Zara?) où j'ai dégotté un chouette pantalon (très bleu, le pantalon) et vu des tonnes d'imprimés déments... Mais je ne peux rien vous montrer vu que mon appareil photo est parti à MonteCarlo manger des saucisses travailler lui-aussi... (en réalité, il me reste mon vieux Canon qui fait de son propre chef des photos expérimentales plutot marrantes, que je vous montrerai quand j'aurai réussi à installer le driver correspondant... va savoir si c'est moi ou l'ordi qui réclame son ferié, pas moyen ce matin...)
J'ai passé la soirée d'hier à lire "la dernière larme" de Stefano Benni (des nouvelles, il est bien mais pas autant que les autres que j'ai eu l'occasion de lire: là et là) et à écouter tous les postcasts de François Morel du 9 avril à nos jours (j'avais pris du retard...)... Et cet après-midi, comme je ne voulais pas aller écouter la fanfare place du Duomo, je me suis habillée comme pour aller à la plage et suis allée exhiber mes orteils couleur tangerine dans un parc... (et, vu le nombre de bikinis au mètre carré sur la pelouse, j'ai bien fait de ne pas trop me préoccuper de sortir en short en molleton...) ... et j'ai lu, à l'abri sous mon chapeau, l'excellentissime "une gourmandise" de Muriel Barbery que, allez savoir pourquoi, j'étais persuadée de ne pas trop aimer... (sans doute parce qu'il s'est bien vendu et que je suis trop snob pour admettre qu'un bon livre puisse plaire à un grand public... ahem)... ça parle de critiques gastronomiques, de quoi se dire "de la bouffe, tout ce que j'aime!" alors qu'en réalité, le livre parle plus de lexique, des mots dont on dispose pour exprimer ce que l'on sent, et d'honneteté, surtout. Je ne dévoile pas la fin pour ceux qui ne l'ont pas lu, (mais pour les autres, sachez que j'en fais ce week-end...), lisez-le, c'est un bon livre, et une très jolie surprise pour moi...
Alabama song, Zelda ou la vie sauvage...
c'est drole parfois, les liens que l'on tisse avec un livre... celui-ci, je l'ai souvent ramassé dans les librairies, pour finalement à chaque fois le reposer avant le passage en caisse au profit d'un autre plus convoité... l'année dernière, il a enfin passé l'épreuve de l'achat, mais je ne me décidais toujours pas à l'ouvrir... remettant toujours à une prochaine fois, au profit d'une lecture plus urgente, rapide, plaisante etc...
mais hier soir, il faut croire que son heure était arrivée. Lu en quelques heures cette nuit, c'est un véritable petit chef d'oeuvre... Passée la première partie qui m'a peu accrochée, où l'on découvre le personnage de Zelda Fitzgerald et ses frasques (je commençait à me dire "quand meme, pour un prix goncourt, ça manque un peu de profondeur")... à la moitié du livre, le rythme s'accélère, les faits s'enchainent en une succession de tableaux, le personnage de Zelda prend corps et l'on se prend à l'aimer... c'est bien écrit, sans psychologie inutile, sans jugements hatifs, et plus que la chanson que le titre semble évoquer j'aurais parlé d'un tableau... un portrait par touche où ce sont les détails, les épinards de minuit, le gout de la danse, les baignades, et les cahiers cachés, qui dépeignent un personnage tout en nuance, une femme capricieuse, résolue et résignée à la fois, une femme qu'on dira folle parce qu'une passion rare l'anima... (franchement, depuis quand entendre les fleurs parler est-il une preuve de folie?)
un livre fort recommandable donc, qui m'a donné envie de lire tout Gilles Leroy, mais aussi tout Fitzgerald, et "accordez-moi cette valse" de Zelda elle-meme... et aussi la biographie du couple par Matthew Bruccoli Une certaine grandeur épique... finalement, pour un livre qui ne voulait pas se laisser lire, il aura été à l'origine d'une nouvelle grande passion littéraire, il n'est pas exclu que je le relise, et il apporte dans son sillage la perspective de tout plein d'autres lectures liées!










































