03 novembre 2010

la chasse au panettone est ouverte!

Tous les ans, comme chaque année, débute à peu près à cette période la grande chasse au panettone... dans les trams, aux arrets des bus, au comptoir des cafés et sur les forums gourmets, est alimentée la grande polémique existentielle: où faut-il commander ses panettones de Noel...

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production semi-artisanale de panettones à Milan, années 30
(archives photographiques civiques de Milan)

Le panettone, vous connaissez sans doute, on en trouve un peu partout meme en France maintenant, c'est cette sorte de délicieuse brioche bien dense farcie de raisins secs et de fruits confits, que l'on s'offre en période de Noel et que les italiens voyageurs transportent par piles entières sur des chariots dans les gares d'Europe...

Si en France les noms des gateaux viennent souvent d'une erreur de la soubrette (cette cruche de Madeleine et son gateau éponyme par exemple), ici c'est souvent un dérivé du patois qui est mis en cause... le panettone serait en réalité "el pane de Toni", le pain d'Antonio, le Toni en question ayant eu l'idée de farcir un bout de pâte d'une recette ratée (encore) de quelques fruits confits et de le faire cuire, pour le plus grand bonheur de tous (mais si)...

Mais attention, tandis que tout un chacun se fournit aux étals des supermarchés des specimen Bauli, la caste gastronomo-sympathisante milanaise ne saurait se contenter de telles pratiques...(toujours cette histoire de qui est in qui est out)... c'est pourquoi, de novembre à janvier, c'est la guerre des pâtissiers...

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photo: Gattulo

Il fut un temps où il était de bon ton de commander chez Cucchi (corso genova 1)... jusqu'à ce qu'une infâme rumeur ne circule: les panettones vendus là seraient en réalité des produits sous-traités façonnés en réalité par Le Tre Marie... oh l'infâmie! (on ne sait pas si c'est vrai, "c'est une fausse rumeur, mais si belle après tout" comme le dirait Yves Duteil (Vade Retro Chérie FM!) et qui relance en tout cas les polémiques panettonesque à la grande joie de tous les milanais!)

Il y a les adeptes de Marchesi (via santa maria alla porta 11/a), les défenseurs de Bastianello (Via Borgogna, 5), les détracteurs de Ranieri (via moscova 7)... et ceux qui font fi de ces imitateurs et ne jurent que par la Pasticceria Cova (via montenapoleone 8) ou encore Sant Ambroeus (C.so Matteotti, 7). Et puis il y a le très controversé Gattullo (Piazzale di Porta Lodovica 2) dont on dit à regret que le panettone n'est plus ce qu'il était...

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photo: buttalapasta.it

Certains jouent les outsiders en tentant de dénicher la perle en dehors des adresses convenues, on parle de la Pastricceria San Gregorio (via S. Gregorio 1), de la Pasticerria Migliavacca loin du centre (Via Ajaccio, 13), certains vont même jusqu'en province milanaise en quête d'une proie de choix, à Cologno Monzese chez Achille Zoia, dont le "panettone paradiso" fut couronné en 2002 meilleur d'Italie...

Le mieux, pour départager tout ce beau monde, qui rivalise pour l'occasion de papiers colorés et de rubans chatoyants, (le panettone étant le seul gateau je crois qui bénéficie du privilège d'un emballage cadeau...) serait de tous les gouter... Le problème? chaque panettone pèse environ 1kg, les plus ambitieux le faisant de 2kg, et les plus mesquins de 500g... et c'est, je crois, là que réside tout le secret de cette course au panettone... la comparaison ne pouvant s'effectuer que d'une année sur l'autre, il est quasiment impossible de définir si untel, dégusté l'année dernière, a une texture plus savoureuse que celui d'il y a deux ans, lui-même plus goutu que celui d'il y a 5 ans commandé plus loin...

En bref, les critères de choix tiennent plutot de la tradition familiale, ou plus simplement d'un point de vue affectif (je voue pour ma part une indeffectible fidélité au panettone de la signora Giovanna Fugazza), mais sont l'occasion de jolies empoignes et de disours passionnés qui font gloire à la tradition milanaise.

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Le must selon moi reste de tenter la prouesse du panettone maison... j'ai bien tenté de soutirer quelques informations, mais on m'a dit sur un ton chuchotant qu'il était impossible de le faire chez soi... j'ai essayé de dégotter dans quelque boutique spécialisée le fameux papier à panettone marron et doré qui sert à sa cuisson, mais impossible, on me répond qu'il n'y en a plus... c'est quoi cette loi du silence panettonesque à la noix? un secret milanais?

Heureusement qu'il y a eu Massimo, charmant vendeur de casserolles et de pelles à tartes, pour accepter de me livrer, même à mots couverts, quelques secrets de fabrication... (il paraitrait que les panettones, une fois cuits, sont enfilés sur des tiges metalliques et suspendus à l'envers afin que ne puisse retomber ce joli bombé qui fait tout leur effet... prodigieux!) Vous l'aurez compris, ma mission pour cet hiver est: m'incruster, non sans péril, dans les cuisines d'une pâtisserie pour assister à la fabrication de la fabuleuse brioche, et vous raconter ma chasse au panettone milanais, le vrai!

Posté par chezlou à 14:40 - - Commentaires [17]
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24 octobre 2010

qui est in qui est out...

après la radio, les journaux! Voici un article du 15 octobre qui m'a beaucoup amusée, trouvé sur le site du New-York Times, intitulé You know you're a Milan insider when... (tu sais qu'à Milan t'es pas de la lose quand...)...
Selon l'article, ce n'est pas si compliqué d'etre in par chez nous...

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-il suffit d'"avoir son couvert à Controvapore", resto chic dissimulé derrière une porte vénitienne de 1600, et de s'installer à l'une des 25 places tant convoitées entre les murs pourpre pour déguster un "riso nero" à 18 euros par exemple... (le prix moyen annoncé à la carte est de 80 euros par personne, mais à mon avis le prix du vin (de 30,00 à 3,000 € la bouteille) n'y est pas pour rien...)
=pour ce qui est d'entrer je ne sais, mais pour ce qui est de manger du riz noir je m'en sens tout à fait capable...

-il faut aussi etre invité "aux rendez-vous privés du dimanche chez Rossana Orlandi"...
=si elle ne m'a jamais invitée personnellement, elle m'a déjà fait l'honneur de la visite de sa gallerie (et meme elle n'est pas si snob qu'on le prétend) (ouais ouais, j'en suis)

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-il faut aussi se faire faire un vélo sur-mesure chez Cicli&Co... alors là vous me ne me ferez pas croire que des milanais investiraient dans un vélo, alors que tout un chacun sait ici que le luxe de propriété d'un vélo clinquant ne tient que le temps d'aller chercher le journal! L'idée ici, c'est d'avoir un beau vélo, mais vieux et rouillé pour tromper la cupidité des voleurs (pensez Umberto Dei ou Bianchi vintage)

-il faut aussi boire des coups chez Zucca debout.... amusant de voir que ce qui fait la norme un peu partout (boire un verre debout au bar) devient un snobisme d'initiés dans une ville où le bar est toujours encombré de l'aperitivo et où les buveurs sont souvent vautrés dans des canapés en velours léopard effet lounge... (I'm in I'm in!)

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photos Zucca

-emprunter un enfant pour pouvoir entrer dans les jardins de la Villa Reale (interdits aux sans-enfants)... amusant non? emmener les siens serait sans doute out au possible, trop connoté sortie du dimanche en famille, mais appeler un ami et lui dire "tu me prètes ton fils pour une heure, j'ai tellement envie d'aller au parc" vous fait immédiatement entrer dans le club de la win... allez comprendre... (et sachez que j'y suis déjà allée sans devoir pour cela rapter un quelconque bambin...)

-etre invité par Carlo Cracco (cuisinier), Fabio Novembre (designer), Matteo Marzotto (qui?) ou autre à faire partie du groupe Siamo Milano, qui revendique son amour de Milan... (euh, sachant que j'ai affligé l'ami Fabio il y a quelques années de celà en me composant une tete horrifiée devant l'une de ses créations au salon du meuble, et que l'une de mes meilleures copines a rit au nez du chef de chez Cracco lors du Taste of milano le mois dernier, suis pas sure qu'ils m'inviteraient...) il me reste donc à faire ami-ami avec une quelconque personnalité de la liste officielle... mais pour ce qui est d'aimer Milan, j'en suis aussi!

-"Ne meme pas se donner la peine de commander son petit déjeuner, le barman du quartier sait"
=ici ce point là marche pour tout le monde, pour peu que vous soyez un tant soi peu fidèle... (et la fierté du barman quand je suis passée du caffè americano (le plus long disponible ici) au caffè lungo, pour finalement m'habituer à le boire court, façon dé à coudre, comme tout le monde)

-"il s'avère que votre tailleur travaille chez Versace"...
=s'il est vrai qu'ici beaucoup ont recours aux service d'un tailleur (ce qui n'est pas si cher, les tailleurs étant légion), pour ce qui est de Versace... on parle de qui là, de la boite dont la directrice de création est effrayante tant elle est déformée par la chirurgie esthétique? (et dire que ces gens-là sont sensés nous faire réver...)

-"on ne vous refuse jamais une table dans le jardin de l'hotel Bulgari"... mouais... des buis miteux, des pelouses rases et des coussins marrons... à choisir je préfère nettement la terrasse du bar du Corso como 10...

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-il faut aussi, caution intellectuelle oblige, "aller voir des films au Anteo Spazio Cinema", l'un des rares à diffuser des films en VO... mouais... je me contente pour ma part de la cinémathèque et du cinéma Gnomo, mais je n'ai jamais testé... ceci dit si les gens qui y vont sont les memes que ceux concernés par les précédents points, je préfère fuir ce genre d'endroit!

-"Giorgio Armani lui-meme vient vous saluer à votre table au Nobu" (son restaurant japonais à Milan)
=tu crois qu'il passe sa vie dans son restaurant? alors qu'il a une maison de fou sur l'ile de Pantelleria? remarque, quand j'y pense, je l'ai aperçu plusieurs fois via Manzoni, aux alentours du restaurant... tu crois qu'il passe sa vie dans son restaurant à venir saluer des gens pour les faire se sentir in? finalement, le temps de l'étiquette à la française n'est pas révolu, les riches et puissants s'emmerdent toujours à la Cour, à flatter les uns, disgracier les autres...)

-"vous avez un compte chez Peck"
=pour votre gouverne, Peck est une épicerie vaguement chic avec des trancheuses à prosciutto en vitrine, vendant des fromages dingues, des macarons et du porc à 50 euro le kilo (entre autres)... leur panettone est parait-il fameux, et les seuls snobs que je connaisse gardent religieusement, exposés dans leur cuisine, des paquets de pates estampillés chérement acquis dans cet antre de la gastronomie, attendant la date ultime de péremption pour les oser gouter...

-"vous avez appris à vous garer sur le trottoir"
=bravo! cela dit je crois que ça se fait moins qu'avant... ou alors je me suis habituée et je n'y fais plus attention...

-"vous n'etes jamais en ville les week-end, jours fériés ou au mois d'aout"... c'est donc pour ça que depuis la crise, certains milanais se cachent chez eux, volets fermés, au mois d'aout... la peur d'etre out! plus sérieusement, les gens ici vivent dans la peur de n'avoir rien fait de leur week-end, et c'est la mine anxieuse, les jours précédents Paques, qu'on vous demande ce que vous avez de prévu... (des fois que vous ayez trouvé plus in qu'eux!)

-"sauf cas d'urgence, vous ne vous envolez jamais, jamais, de Malpensa"... là il me faudra demander quelques explications... peut-etre parce que la majeure partie des vols low cost part de cet aéroport et que les insiders ne voyagent pas avec les pauvres... ou parce que l'aéroport de Linate est beaucoup plus proche de Milan...allez savoir...

-"Le détecteur de métal s'éteind à Linate et les vigiles vous font signe de passer quand meme"... ?? genre vous etes au dessus de tout soupçon? ça veut dire quoi au juste? ça aurait tant d'importance que ça? quelqu'un peut m'éclairer (sachant que moi je prends le train...)

-"Vous pouvez, d'un seul regard, dire si la croute de la pizza, la mousse du cappuccino ou les billes de mozzarella sont bof"...  genre avec des yeux lasers comme superman? les lunettes du professeur Apfelgluck? je crois surtout que l'enseigne d'où viennent les produits conditionne l'opinion du gouteur...

-"Vous ne commandez pas de poisson le lundi"... pour snober les catholiques pratiquants qui font ça le vendredi? ou alors, plus probablement, parce que le mercato ittico, marché poissonnier des professionnels, étant fermé les dimanches et lundi, la fraicheur du poisson commandé le lundi ne sera pas optimale...

-"Vous négociez des réductions dans n'importe quel magasin"... exactement le type d'attitude qui m'insupporte... l'attitude du riche au souk qui prétend négocier... et le bonheur de savoir que dans certaines enseignes, on pense comme moi, et qu'on rabroue sans ménagement le snobinard ayant tenté le coup...

-"Vous connaissez les mots magiques à glisser au portier du Plastic ‘‘Stefano Gabbana’’... " Ah ah ah, mais laissez-moi rire! la dernière fois que j'ai mis les pieds au Plastic (boite milanaise select où filles paillettées et gay se trémoussent en rythme), après une soirée dansante mémorable et un formidable final de foule chantant Creep en coeur les bras levés (comme ça ça n'a l'air de rien, mais après 4 ou 6 vodkas ça fait son effet), notre enthousiasme pour le lieu est vite retombé... Le Mec et Le Colloc italien s'étant fait piquer leurs manteaux au vestiaire... Alors moi, les gens qui viennent se pavaner et payent des cocktails à 10 euros en billets de 500 pour finalement te faucher ton duffle-coat Muji, je trouve ça juste minable...

Score final: à peu près 5/20... donc on peut dire que je suis officiellement out...

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(ça me fait penser, je ne sais pas si certains d'entre vous connaissent le Pop In à Paris (ni meme si ça existe encore... vérification faite, si). Je me suis toujours demandé s'il existait quelque part un Pop out où pouvaient se rendre les gens refoulés à l'entrée...)

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21 septembre 2010

des carreaux verts et de la bonne pizza...

Une fois n'est pas coutume, je vous livre ici une bonne adresse milanaise sans prétention où manger de la pizza... j'y suis allée hier soir, affamée et trainée par un Mec encore plus affamé (et pour cause, ne s'étant nourri, en fervent adepte de l'équilibre alimentaire, que d'un clafoutis dans la journée...)
Cette pizzeria date de 1927 (et parfois, ça se remarque à la déco) et, si j'aime son intérieur intégralement blanc et vert à carreaux, je conçois qu'il ne soit pas du gout de tout le monde...

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Mais on ne va pas à la Pizzeria Fiorentina pour la déco... on y va pour l'accueil, rapide, aimable, efficace de la jeune fille brune à l'entrée, on y va pour la pizza, recette toscane, excellente, et surtout on y va pour l'ambiance... hier soir c'était plutot calme, mais sans doute parce que c'était lundi et qu'il était déjà 22h30... mais d'habitude...
Des tablées rugissantes, au coude à coude avec des voisins inconnus qui s'interpellent en dialecte, de la mozzarelle qui file dans tous les sens, des gamins qui renversent les tables en courant après des olives récalcitrantes, les gens au milieu des tables qui attendent qu'une place se libère en humant au dessus des assiettes qui passent, tenues à bout de bras par un serveur encombré de bouteilles de San Pellegrino, de quarts de rouges et de parts de crostata aux fruits, un groupe de napolitains qui s'avance, l'air épouvanté du père de famille de la table en ligne de mire dont quelques places vient de se libérer...
j'y suis passée fin juillet, et pour ceux qui ont vu Roma de Fellini et la mythique scène de la trattoria, on peut dire que c'est un peu ça... on en ressort à peu près sourd, après un café serré dont le brouhaha général a empéché qu'il fusse entendu demandé allongé...
De l'authentique Italie pour dix euros par personne ou guère plus, un panel de dialectes et d'accents divers et variés, et puis la pizza, superbe sur les tables à carreaux, sous les posters d'équipes de foot d'un autre age, les collections d'assiettes et les photos de Florence délavées...

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Antica Pizzeria Fiorentina
Viale Bligny, 41
Milano
02/58306292
fermé le mardi

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07 août 2010

scènes milanaises en aout...(2)

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Santa Maria della Grazie... desertée et en travaux...
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piazza Wagner...
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piazza San Lorenzo d'ordinaire impraticable...

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03 août 2010

scènes milanaises en août...

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mais où sont passés les gens... ils ne sont  pourtant pas sous l'écrasante chaleur en train d'acheter des outils sur la place... ni d'observer les pavés numérotés qui attendent sagement le long des rues un peu partout en travaux... ni au marché chez la marchande d'olives, ni même aux étals des fruitiers...

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à suivre...

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26 mai 2010

Rossana Orlandi à Milan

il y en a qui disent c'est "l'un des plus célèbres «concept-stores» d'Europe" (Vogue)... d'autres qu'il s'agit du "centre de gravité du design international" (Marie-Claire)... comme quoi... je ne suis pas la seule à avoir des débordements d'enthousiasme en général, et un coup de coeur pour cette galerie en particulier...(dont j'ai déjà parlé ici)

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L'espace Rossana Orlandi, du nom de sa talentueuse galeriste, est une ancienne fabrique de cravates reconvertie, réunissant une galerie sur trois niveaux et une cour, un très joli restaurant et une boutique de mode...

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j'aime parce qu'on y voit du nouveau, du vraiment nouveau, pas encore vu dans la presse et absent du Salone del mobile...
j'aime parce que tout y est selectionné avec gout, des Bensimon de la boutique au nom du restaurant "pane e acqua", en passant par les fleurs et le mobilier de la cour...
j'aime parce que la selection est pointue, sans cesse renouvellée, avec un subtil mélange d'illustres inconnus, de valeurs sures (je vous ai déjà dit à quel point j'aime le travail de Tom Dixon?), de pièces uniques à l'étrangeté sans précédent, de sublime vaisselle (je vous ai déjà dit à quel point la céramique me fascine?), de pièces vintage (notemment une collection de cheminées en terre cuite, et une d'horloges de rues et de gares)...
j'aime parce que, meme si les objets et oeuvres présentées sont hors de prix, et certaines d'une rareté et d'une fragilité exemplaire, on vous laisse aller et venir au milieu de ces merveilles en toute liberté, poser des questions, entrer dans les salles en cours d'installation, prendre l'escalier de service et tater les couverts...

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Si vous passez par là, une visite s'impose...

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16 mai 2010

vert!

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après son envie de foret le week-end dernier, et son délire pate-à-modelesque de la semaine, le mec a encore frappé hier... en se réveillant avec la ferme intention d'acheter une immense plante verte... je ne sais pas si vous imaginez, mais trouver une plante verte digne de ce nom à un prix décent à Milan, quand on n'a pas de voiture pour sortir de la ville, qu'on refuse les plantes pourries du géant suédois qui tiennent 2 jours et que le fleuriste sur le marché, hors période de Noel, ne vend rien qui mesure plus de 60 cm... c'est un peu l'épopée...

mais finalement, (comme quoi, avec un peu de motivation tout s'arrange) nous avons découvert, à deux pas de chez nous (coup de bol insensé), un immense espace horticole insoupçonné, havre de verdure, jasmin, roses et erables rouges... avec un vrai jardinier en bottes crottées, une vieille dame qui dépoussière les feuilles des ficus une à une, des serres, des lampions et des chaises en rotin... on se serait cru dans un album de Martine... Cerise sur le gateau, ils organisent aussi des fetes, défilés et présentations éditoriales (genre Gilles Clément vient y présenter ses livres, la classe...) au milieu de la végétation, sous des lampions en papier de riz...

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non mais vous y croyez vous, en plein Milan?!

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LE jardinier milanais... et LE ficus...

du coup les prix, vous vous en doutez, n'étaient pas vraiment dignes des plantes du jardiland du coin non plus (ahem), mais faut dire aussi qu'on a jeté notre dévolu sur un immense ficus retusa pas centenaire mais presque (re-ahem, il doit faire 1,80cm... heureusement qu'en Italie les plafonds sont hauts...), une espèce noble a qui il a fallu faire prendre une douche dès son arrivée à la maison (ordre de la méticuleuse dépoussiéreuse de feuilles), oui, vous avez bien lu, une douche...

(qu'est-ce que je disais moi, déjà, au sujet des gens qui délirent sur les fleurs...?)

Vivaio Riva: via Arena, en face du n°7 www.vivaioriva.it/

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10 mai 2010

un lion, des nus et un ginkgo...

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si vous passez un jour par Milan, et que vous souhaiter visiter l'historique Pinacoteca di Brera, ancien couvent reconverti en musée, abritant entre une foison de Luini et Lotto quelques Carra', un Bonnard, un Braque, deux Van Dyck et un Rubens... (le Caravaggio est parti en vacances à Rome et les Modigliani à Gallarate...), profitez-en pour faire un tour dans les batiments attenants, qui abritent l'école des beaux-arts de Milan... de superbes couloirs et salles voutés pour l'ambiance cathédrale, des statues gigantesques toisant les pigeons aux intersections, des installations d'étudiants à l'abandon dans les coins, le tout dans un joyeux désordre d'affiches barriolées, de fils electriques dénudés dégoulinants le long des murs, un classique des locaux publics (normes electriques de sécurité? connais pas!), et meme un jardin botanique dans la cour derrière...

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le jardin botanique étant fermé quand j'y suis passée, j'ai du me contenter du Ginkgo biloba à l'entrée, l'arbre aux jolies feuilles qui, je le rappelle, a précédé les dinosaures et survécu à Hiroshima... (c'était la leçon botanique du jour, au revoir et rendez-vous au prochain épisode)

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06 mai 2010

moi et Dino...

je me découvre une passion pour Dino Buzzati... avec un recueil dont je parlerai bientot... et je nous découvre aussi, à moi et Dino, au moins deux passions communes... les points de suspension... et Milan...

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Dino Buzzati Via Solferino à Milano, où siège le Corriere della Sera

« Vous, le smog, vous le trouvez beau?»
«Très beau. Jamais Milan ne devient autant Milan, jamais il n'exprime pleinement sa puissante personnalité comme lorsqu'il y a le smog, croyez-moi. Mieux encore que lorsqu'il pleut- et l'on sait que la pluie sied esthétiquement à notre ville-, mieux, même, que lorsqu'il y a le brouillard épais classique. C'est sans doute malsain, direz-vous, mais en revanche, quel pathos!... Ces masses sombres de brume qui descendent jusque sur les maisons pour former une espèce de toit et enflent lentement, se contorsionnent, palpitent, flottent comme d'informes dragons qui vomissent des franges, des voiles et des filaments qui coulent le long des façades et s'accrochent aux antennes de télévision... Et cette obscurité si mystérieuse rappelant les eclipses... Et les arbres qui semblent ployer sous le poids de ces immenses vessies, et les hommes eux-mêmes, qui ont l'air de fantômes... alors on reste comme prisonniers d'une caverne douillette, avec une profonde impression d'intimité et d'aventure, et dans les esprits se manifeste une attente, comme si d'un instant à l'autre l'Apocalypse devait commencer...»

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20 mars 2010

david et ses tapis...

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jeudi soir, alors que nous errions dans Milan à la recherche d'un spritz, nous sommes tombés en arret devant la devanture d'un show room de tapis... bien évidemment, je commence à faire l'andouille en jouant à la vitrine du juste prix, quand surgit de nulle part (pas possible autrement que je me sois ridiculisée en public) David, le marchand de tapis lui-meme, qui nous propose, bien que l'espace soir fermé pour travaux, d'entrer...

...dans un capharnaum de tapisseries, tapis, tentures, kilims, brodés de soie et de coton, persans, afghans, japonais et africains, jonchant le sol, tendus au mur, encadrés, pliés ou enroulés le long des murs... des tapis anciens, brodés à la main avec maestria et une inconcevable patience, des pièces de musée valant plusieurs milliers d'euros mais que David déplie, retourne, étale pour nous, fier de partager sa collection, des merveilles faites pour etre pietinées, loin de l'image étriquée de pièce exposées en vitrine hors de portée du curieux...

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et moi meme, pourtant pas spécialement fan de tapis, je me prends à m'imaginer pieds nus sur le kilim du salon, ou lisant à meme l'arazzo de la chambre (n'importe quoi...)... car les gens passionnés sont souvent passionants, et David sait transmettre, d'un enthousiasme communicatif, sa passion pour les trames, les noeuds et les tissages, les couleurs et les époques et sait faire vivre, à chaque déploiement textile, l'histoire d'une quete dans l'espace et le temps, à la recherche de pièces d'exception qui feront le bonheur de riches amateurs milanais, en retrouvant une seconde vie en guise de couvre-lit...

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Galleria Michail de David Sorgato: Via Sant'Orsola, 13

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