ça déménage!
Comme annoncé depuis bien longtemps, le blog a enfin un nouveau chez-soi... j'espère qu'il vous plaira au moins en proportion du travail occasionné, soyez indulgents pour les petites choses qui restent à fignoler, l'archive n'est pas encore complète et je frole l'overdose de copier-coller, les commentaires en archive suivront, ainsi que le reste de la blogroll, etc...
Pour toutes doléances et remarques vous pouvez me laisser un commentaire là-bas, en cas de problèmes techniques ce n'est pas à moi qu'il faudra vous en prendre mais vous pouvez raler quand meme et je transmettrai!
Si par une involontaire omission vous avez disparu de ma blogroll et que vous enragez de cette cuisante injustice, ou que vous estimez mériter d'y figurer (!), vous pouvez me le signaler aussi!
Pensez à substituer la nouvelle adresse à l'ancienne dans vos favoris/flux/blogrolls/agendas et post-its divers! Merci de me suivre et à très vite pour de nouvelles lectures!
des sapins, des baleines et du sirop pour la toux...
comme je suis au lit pour cause de bronchite aigue, j'en profite pour avancer dans les aventures du capitaine Achab à la poursuite de Moby Dick...
enfin, à la page 583, on a toujours pas vu la fameuse baleine... par contre on sait tout des cordages, des différentes représentations du cachalot dans l'histoire de la peinture, du cabestan, du dépeçage de la baleine, des différentes sortes de harpons, de chaudières... dès que je suis guérie je peux postuler pour faire harponneur... (beeerk... et si en plus je vous dit que les baleineaux, n'ayant pas encore acquis l'instinct de fuite devant l'homme, viennent jouer et se faire carresser la tete par les rameurs des baleinières...)
enfin, elle devrait bien finir par apparaitre, cette foutue baleine blanche... (déjà qu'on a attendu 384 pages avant que l'équipage n'aperçoive la première grise... ça promet...) je commence à soupçonner un dénouement en queue de poisson (hu hu) du genre "et ils découvrirent que la fameuse baleine n'existait en réalité que dans leur imagination, que c'était le monstre de ruse tapi en chacun d'eux, et la cristallisation dans leurs esprits atteints de scorbut des périls de la mer"... (ça y est, la fièvre me reprend je crois bien)
celà dit, on aura quand meme appris un truc très utile, les deux règles qui régissent la vie de l'équipage des baleiniers, (énoncées dans un langage un peu primitif, mais toutefois fort compréhensible, de marin)
-I un poisson attaché appartient au harpon attaché à lui
-II un poisson perdu appartient à qui l'attrape le plus vite
(et je vous prierai de ne pas discuter la légitimité de ces deux règles, y'a au moins deux chapitres qui attestent de leur justesse)
Voilà, il nous reste 147 pages pour espérer voir une baleine blanche, le temps d'aller mieux j'espère grace à de fabuleuses potions...
En attendant la suite, quelques images du Christams Village, haut lieu de la bougie dorée et du sapin artificiel... (un peu moins de trucs kitsch cette année, on revient aux traditionnels rouge et vert, aux écorces enneigées et aux rennes... celà dit, cet endroit devient insupportable, il y a plus de vendeurs que de clients (des fois que vous chipiez un santon ou que vous tentiez de camoufler un sapin de 2,20m de haut sous votre jaquette...) mais ils ont un fabuleux village de Noel miniature animé qui serait du plus bel effet sur le bord de ma cheminée...)
et le fabuleux village miniature...
I love you public...
Encore une fois, mes lecteurs ont fait preuve d'imagination, et je les en remercie! Ceux dont je n'ai pu combler les attentes m'en voient désolée (ou peut-etre pas en fait)... jugez vous-meme, voici les plus insolites des requetes google les ayant amenés ici...
voir les femme completement nues (lui par exemple il a du etre très déçu... d'autant qu'il avait bien précisé complétement nues)
cohabitation poule pigeon (décidément il y a de la demande dans le secteur volaille... envisager une reconversion?...)
13degres comment s'habiller (je te conseille sans hésitation un pull sans manche en laine d'alpaga, avec une étole en feutre de mamouth et un chapeau en plume de zouave... sinon gare!)
j'ai vu un film avec un mec qui mange des carottes mais je me souviens plus du nom (c'est bien dommage parce que ça me donnait drolement envie de le voir...)
Jamie faire du vélo (non, Jamie faire la cuisine!)
noble dame mots flechés (tricheur! c'est lady, pardi!)
usine paté pour chien (y'a des fans de Tom Sharpe qui rodent on dirait...)
acheter telephone filaire Dark Vador (non mais franchement... tu vas avoir l'air malin...)
la brioche de Flou (là j'suis trop fière que quelqu'un ai cherché MA brioche sur l'internet mondial)
technologie Iphone (là par contre je comprends moins... les voies de google sont impénétrables, c'est le moins qu'on puisse dire...)
vin blanc mots fléchés (ça peut etre plein de trucs, en combien de lettres crénom?!) (et pis y'en a marre, j'suis pas spécialiste en vin moi!)
italiens sont fou (un rapport avec Asterix peut-etre!?)
-les femmes et les camions se cessent de vous inspirer de poétiques pensées...
filles nues dans camions; camion avec femmes nues ; femmes nues en camion (un classique... j'adore le pluriel de camion dans la première... genre oh oui des filles! oh oui un camion! non, mieux encore, DES camions!)
photo de femme camion (j'avais encore jamais eu celle-là... la femme-camion... n'importe quoi...)
-Halloween semble avoir développé chez certains des trésors d'inventivité...
je ne m'habille qu'avec des fripes (tu dois avoir l'air malin)
déguisement halloween avec de vieux habille (tu ferais mieux de te déguiser en analphabète, crédibilité 100%)
se déguiser a halloween en clochar qui fait peur (amis du bon gout... peut-etre que le clochard qui fait peur sait écrire clochard, LUI!)
déguisement ananas (en voilà une bonne idée!)
-et puis du grand n'importe quoi...
soupe à l'oignon facile sans beurre (dis, ça te va si je te l'échange contre "macarons faciles sans amandes"?)
Paris Milan par vélo (y'a des courageux!)
papa ne veut pas serenissime lustre (euh... les carottes sont cuites?)
différences entre "soie" d'alessandro baricco et "eldorado" de laurent gaudé (il me semble que la réponse est dans la question, il ne s'agit pas du meme livre! (j'vous jure...))
craquage bruit sourd ATM (l'ATM étant, je le rappelle, l'organisme de gestion des transports milanais, ça craint!)
la chasse au panettone est ouverte!
Tous les ans, comme chaque année, débute à peu près à cette période la grande chasse au panettone... dans les trams, aux arrets des bus, au comptoir des cafés et sur les forums gourmets, est alimentée la grande polémique existentielle: où faut-il commander ses panettones de Noel...

production semi-artisanale de panettones à Milan, années 30
(archives photographiques civiques de Milan)
Le panettone, vous connaissez sans doute, on en trouve un peu partout meme en France maintenant, c'est cette sorte de délicieuse brioche bien dense farcie de raisins secs et de fruits confits, que l'on s'offre en période de Noel et que les italiens voyageurs transportent par piles entières sur des chariots dans les gares d'Europe...
Si en France les noms des gateaux viennent souvent d'une erreur de la soubrette (cette cruche de Madeleine et son gateau éponyme par exemple), ici c'est souvent un dérivé du patois qui est mis en cause... le panettone serait en réalité "el pane de Toni", le pain d'Antonio, le Toni en question ayant eu l'idée de farcir un bout de pâte d'une recette ratée (encore) de quelques fruits confits et de le faire cuire, pour le plus grand bonheur de tous (mais si)...
Mais attention, tandis que tout un chacun se fournit aux étals des supermarchés des specimen Bauli, la caste gastronomo-sympathisante milanaise ne saurait se contenter de telles pratiques...(toujours cette histoire de qui est in qui est out)... c'est pourquoi, de novembre à janvier, c'est la guerre des pâtissiers...

photo: Gattulo
Il fut un temps où il était de bon ton de commander chez Cucchi (corso genova 1)... jusqu'à ce qu'une infâme rumeur ne circule: les panettones vendus là seraient en réalité des produits sous-traités façonnés en réalité par Le Tre Marie... oh l'infâmie! (on ne sait pas si c'est vrai, "c'est une fausse rumeur, mais si belle après tout" comme le dirait Yves Duteil (Vade Retro Chérie FM!) et qui relance en tout cas les polémiques panettonesque à la grande joie de tous les milanais!)
Il y a les adeptes de Marchesi (via santa maria alla porta 11/a), les défenseurs de Bastianello (Via Borgogna, 5), les détracteurs de Ranieri (via moscova 7)... et ceux qui font fi de ces imitateurs et ne jurent que par la Pasticceria Cova (via montenapoleone 8) ou encore Sant Ambroeus (C.so Matteotti, 7). Et puis il y a le très controversé Gattullo (Piazzale di Porta Lodovica 2) dont on dit à regret que le panettone n'est plus ce qu'il était...
Certains jouent les outsiders en tentant de dénicher la perle en dehors des adresses convenues, on parle de la Pastricceria San Gregorio (via S. Gregorio 1), de la Pasticerria Migliavacca loin du centre (Via
Ajaccio, 13), certains vont même jusqu'en province milanaise en quête d'une proie de choix, à Cologno Monzese chez Achille
Zoia, dont le "panettone paradiso" fut couronné en 2002 meilleur d'Italie...
Le mieux, pour départager tout ce beau monde, qui rivalise pour l'occasion de papiers colorés et de rubans chatoyants, (le panettone étant le seul gateau je crois qui bénéficie du privilège d'un emballage cadeau...) serait de tous les gouter... Le problème? chaque panettone pèse environ 1kg, les plus ambitieux le faisant de 2kg, et les plus mesquins de 500g... et c'est, je crois, là que réside tout le secret de cette course au panettone... la comparaison ne pouvant s'effectuer que d'une année sur l'autre, il est quasiment impossible de définir si untel, dégusté l'année dernière, a une texture plus savoureuse que celui d'il y a deux ans, lui-même plus goutu que celui d'il y a 5 ans commandé plus loin...
En bref, les critères de choix tiennent plutot de la tradition familiale, ou plus simplement d'un point de vue affectif (je voue pour ma part une indeffectible fidélité au panettone de la signora Giovanna Fugazza), mais sont l'occasion de jolies empoignes et de disours passionnés qui font gloire à la tradition milanaise.
Le must selon moi reste de tenter la prouesse du panettone maison... j'ai bien tenté de soutirer quelques informations, mais on m'a dit sur un ton chuchotant qu'il était impossible de le faire chez soi... j'ai essayé de dégotter dans quelque boutique spécialisée le fameux papier à panettone marron et doré qui sert à sa cuisson, mais impossible, on me répond qu'il n'y en a plus... c'est quoi cette loi du silence panettonesque à la noix? un secret milanais?
Heureusement qu'il y a eu Massimo, charmant vendeur de casserolles et de pelles à tartes, pour accepter de me livrer, même à mots couverts, quelques secrets de fabrication... (il paraitrait que les panettones, une fois cuits, sont enfilés sur des tiges metalliques et suspendus à l'envers afin que ne puisse retomber ce joli bombé qui fait tout leur effet... prodigieux!) Vous l'aurez compris, ma mission pour cet hiver est: m'incruster, non sans péril, dans les cuisines d'une pâtisserie pour assister à la fabrication de la fabuleuse brioche, et vous raconter ma chasse au panettone milanais, le vrai!
une chasse à l'éléphant et des fêves...
on m'octroie un week-end de trois jours, et me voilà malade! (sans vouloir jouer les Calimero, c'est quand même récurrent chez moi...)

installations décors Noel sur le Naviglio Grande
...mais comme je vous avais enjoint à passer un chouette week-end, je me suis efforcée de faire de même malgré la toux et la fièvre... et nous ai lancé samedi sous la pluie sur la piste d'un éléphant milanais, dont une affiche de cirque semblait annoncer la présence... pour finir fort déconfite devant le chapiteau rayé de la ménagerie dont un grand blond russe nous interdisait l'accès... impossible donc de voir l'imposant animal sans acheter un billet pour le spectacle du soir et supporter des heures d'assisantes de magicien à paillettes et de chevaux déguisés faisant la ronde sur une piste sableuse... dommage...
Et puis comme convenu, je suis allée sous la pluie jusque chez les amis Fugazza en quête de spécialités de Toussaint... et n'ai trouvé que des fave dei morti (fêves des morts), le pane dei morti (pain des morts) ayant cette année rencontré un imprévu succès... (les gens mangent quand même des trucs bizarres, vous en conviendrez)
Et puis un dimanche sous la pluie au mercatone, marché des antiquaires sur le Naviglio, pour constater que 1)non les milanais ne sont pas tous partis en week-end 2)non les milanais ne sont pas des mauviettes et sortent même quand il pleut 3)le mercatone vend les mêmes trucs depuis 4 ans, des fanfreluches, des instruments de mesure et des jouets anciens, alors ou les trucs sont pourris et sont remis derechef sur le marché, ou les marchands ont trouvé d'inépuisables sources de vieilleries sans fonds... va savoir...
Là-dessus Le Mec a fait des lasagnes et du pain et on a regardé Fantozzi (le deuxième) (je recommande ce classique surréalo-comoco-italien à tous, que vous le vouliez ou non), et lundi on est allés trainer sous la pluie encore, musarder au bookshop de la Triennale et manger des piadines dans un bar de footballers (mais y'avait pas de match pour une fois alors on entendait que la musique était pas terrible)
ça c'était le week-end... Et du coup, à force de trainer sous la pluie, je me suis écroulée à midi après la gym et j'ai dormi tout l'aprèm... voilà une semaine qui s'annonce productive...
c'est tout pour aujourd'hui (là je vais dormir, pour vous donner une idée), mais on a un chouette programme pour la suite de la semaine: après la chasse à l'éléphant, place à la chasse au panettone (je vous explique demain), des adresses pour dormir pas (trop) cher à Milan demandées par Carlotta, les mots-clés du mois (vous vous etes surpassés mes amis), coté lecture pas de nouveautés, je poursuis inlassablement Moby Dick avec le capitaine Achab, mais des madeleines à la lavande pour Heidi et peut-etre meme, si vous etes gentils, la recette des taralli...
un vrac, en mode moustachue pas coiffée!
Il y a des fois des choses qui me sidèrent... (et quand en plus je me suis réveillée à 5h du matin, je suis encore plus prompte à me laisser sidérer...) ...le fait que les gens dans le vent portent à présent la moustache fait partie de ces choses... comprenez bien, au delà de l'effet Magnum en chemise bariolées et Brassens et ses po-po-po-pom, qui peut de façon bien compréhensible faire des adeptes (!), il y a aussi que mon père porte la moustache! Mon père dans le vent, qui l'eut cru! (Bulles d'infos dans son dernier commentaire avait bien raison, le "out" c'est "in"... à quand le retour des portefeuilles à chaines, des cravates en daim à franges, des t-shirt Walkiki et des rouflaquettes...)
Sinon, la raison des moustaches sus-citées, c'est la boutique de l'expo Dali au Palazzo Reale qui m'en a fourni le pretexte (j'aime pas trop Dali mais je voulais voir quand meme... les commentaires des gens m'ont sidérés aussi "t'as vu c'est trop bien sur ce tableau y'a un paquet de Camel dessinées, trop subversif le peintre", "c'est nul y'a pas beaucoup de tableaux connus", et "vous pouvez me prendre en photo devant le cadre s'il vous plait"... et dans la boutique de l'expo donc, entre le catalogue et les posters (à mettre au mur entre Bob Marley et Kurt Cobain sans doute, mode de la ringardise oblige), que vois-je? des rayons de t-shirts à moustache, de tasses à moustaches, d'écouteurs à moustaches meme (pour votre walkman, sa production arretée la semaine dernière faisant sans doute de lui l'objet de convoitise de l'été prochain), des gommes à moustache, des magnets à moustaches (c'est le frigo qui va etre content) et des crayons pour faire comme si vous aviez une moustache quand vous en appuyez négligemment le bout sous votre nez, perdu(e)s dans vos reflexions...
et le pire, c'est que j'en ai pris un, comme quoi, on a beau etre conscient d'etre faible devant les tentations élaborées par les gens du marketing, ça ne nous empèche pas d'y céder parfois...
En guise de pénitence, et bien que les employés municipaux s'affairent déjà à installer les lumières de Noel le long du Naviglio, mettant dans l'air un parfum noelisant bien agréable, je me suis interdit d'aller musarder au Christmas Village ouvert depuis ce matin... (mais je me suis tout de meme mise en quete de moules à panettones, faut pas déconner)
Et je poursuis la lecture de Moby Dick de Melville, dont Benacquista m'avait donné envie dans son Malavita encore... 740 pages de baleines... c'est drole d'ailleurs... je n'avais jamais vraiment pensé conciemment jusqu'ici aux baleines... je veux dire au concept de baleine... le plus gros animal du monde, une peau de 9 cm d'épaisseur dont on tirait le combustible des lampes à huile... me sont revenues en tete toutes les baleines, réelles ou imaginaires, croisées jusqu'ici... de l'enseigne Moby de piazza San Babila à Milan au cétacé apparu dans la Tamise il y a deux ans, du personnage d'un cahier de vacances de CE1 à la cote suspendue à Vérone qui aurait, disent les gens du cru, appartenu à une baleine venue s'échouer non loin... la baleine dans Pinocchio aussi, et puis la baleine bleue avec sa dentition en forme de code-barre sur les boites de sel...
(ne vous inquiétez pas) (j'ai eu une période éléphant du meme genre, après avoir lu la lettre à l'éléphant dans le recueil l'affaire homme de Romain Gary...)
Sur ce billet-n'importe quoi, je vous laisse, j'ai une part de tarte choco-coco à finir, puis je dois (de nouveau) classer mes livres, je ne trouve plus rien), avant de courir au Christmas Village (j'ai pas dit non plus que
j'allais résister longtemps) pousser des ho et des ha sous le regard horrifié du Mec écoeuré devant tant d'enthousiasme mercantile...
Ce week-end c'est Halloween, mais pour etre honnète je m'en fiche pas mal, à part le gateau à la citrouille je n'y vois aucun interet, par contre j'essayerai de vous montrer à quoi ressemble les trucs qu'ils mangent ici pour la Toussaint, ça a des noms pas terribles (fave dei morti, ossa dei morti) mais ça ne doit pas etre mauvais (je remercie au passage la prof de gym pour son efficacité à me maintenir des abdominaux décents malgrè la quantité de choses répréhensibles ingérées dernièrement)
Et puis aussi, faites-moi plaisir, je rencontre beaucoup trop de gens ennuyeux ces temps-ci, faites quelque chose de dingue ce week-end, un truc nouveau, différent, imprévu, débile, drole; soyez fous ,enthousiastes, exaltés, racontez-moi tout, et faites-moi réver! (ceux qui en plus auront une histoire de baleine à me raconter auront un bon point, c'est dit)
des croissants pour Romain...
Dans "la promesse de l'aube", Romain Gary raconte comment, à l'époque de sa jeunesse fauchée, il se nourrissait principalement de croissants pris dans les paniers à viennoiseries sur les comptoirs des bars parisiens le matin... et que la distraction du serveur occupé à faire les cafés, et sa rapidité à lui à les dévorer, rendaient impossible de quantifier, et donc de facturer...
Par solidarité donc avec le grand homme (et par solidarité seulement, entendons-nous bien), j'éprouve à l'égard de toute pâte feuillettée-briochée une grande tendresse... aussi, quand Sophia m'a proposé de faire partie lundi matin du groupe de cobayes testant son cours de cuisine à thématique "croissants et pains au chocolat", je n'ai pu résister...
On imagine en effet sans peine pire expérience que patauger dans du beurre pendant 3 heures, dans l'odeur de boulange pendant la cuisson, et dans des plateaux garnis de viennoiseries fumantes à l'heure du déjeuner...
Voilà qui restera un époustouflant souvenir, la chaleur d'étuve dans la cuisine pour favoriser la levée de la pâte, les défis diététiques sur "combien peut-on décemment mettre de barres de chocolat dans les pains au chocolat?", le thé aux fruits rouges, la lampe de poche pour surveiller les croissants dans le four pendant la cuisson, les discussions sur "où trouver le meilleur beurre de Milan?", et puis les histoires partagées de petits déjeuners gargantuesques, de souvenirs de tel croissant à Paris, telle fournée, tel pâtissier...
Et puis plus tard, refaire une fournée à la maison avec la pâte restante ramenée sous la pluie battante, juste comme ça, histoire d'abuser et d'en avoir pour demain au petit déjeuner, au dessert, en goûter...
qui est in qui est out...
après la radio, les journaux! Voici un article du 15 octobre qui m'a beaucoup amusée, trouvé sur le site du New-York Times, intitulé You know you're a Milan insider when... (tu sais qu'à Milan t'es pas de la lose quand...)...
Selon l'article, ce n'est pas si compliqué d'etre in par chez nous...
-il suffit d'"avoir son couvert à Controvapore", resto chic dissimulé derrière une porte vénitienne de 1600, et de s'installer à l'une des 25 places tant convoitées entre les murs pourpre pour déguster un "riso nero" à 18 euros par exemple... (le prix moyen annoncé à la carte est de 80 euros par personne, mais à mon avis le prix du vin (de 30,00 à 3,000 € la bouteille) n'y est pas pour rien...)
=pour ce qui est d'entrer je ne sais, mais pour ce qui est de manger du riz noir je m'en sens tout à fait capable...
-il faut aussi etre invité "aux rendez-vous privés du dimanche chez Rossana Orlandi"...
=si elle ne m'a jamais invitée personnellement, elle m'a déjà fait l'honneur de la visite de sa gallerie (et meme elle n'est pas si snob qu'on le prétend) (ouais ouais, j'en suis)
-il faut aussi se faire faire un vélo sur-mesure chez Cicli&Co... alors là vous me ne me ferez pas croire que des milanais investiraient dans un vélo, alors que tout un chacun sait ici que le luxe de propriété d'un vélo clinquant ne tient que le temps d'aller chercher le journal! L'idée ici, c'est d'avoir un beau vélo, mais vieux et rouillé pour tromper la cupidité des voleurs (pensez Umberto Dei ou Bianchi vintage)
-il faut aussi boire des coups chez Zucca debout.... amusant de voir que ce qui fait la norme un peu partout (boire un verre debout au bar) devient un snobisme d'initiés dans une ville où le bar est toujours encombré de l'aperitivo et où les buveurs sont souvent vautrés dans des canapés en velours léopard effet lounge... (I'm in I'm in!)
photos Zucca
-emprunter un enfant pour pouvoir entrer dans les jardins de la Villa Reale (interdits aux sans-enfants)... amusant non? emmener les siens serait sans doute out au possible, trop connoté sortie du dimanche en famille, mais appeler un ami et lui dire "tu me prètes ton fils pour une heure, j'ai tellement envie d'aller au parc" vous fait immédiatement entrer dans le club de la win... allez comprendre... (et sachez que j'y suis déjà allée sans devoir pour cela rapter un quelconque bambin...)
-etre invité par Carlo Cracco (cuisinier), Fabio Novembre (designer), Matteo Marzotto (qui?) ou autre à faire partie du groupe Siamo Milano, qui revendique son amour de Milan... (euh, sachant que j'ai affligé l'ami Fabio il y a quelques années de celà en me composant une tete horrifiée devant l'une de ses créations au salon du meuble, et que l'une de mes meilleures copines a rit au nez du chef de chez Cracco lors du Taste of milano le mois dernier, suis pas sure qu'ils m'inviteraient...) il me reste donc à faire ami-ami avec une quelconque personnalité de la liste officielle... mais pour ce qui est d'aimer Milan, j'en suis aussi!
-"Ne meme pas se donner la peine de commander son petit déjeuner, le barman du quartier sait"
=ici ce point là marche pour tout le monde, pour peu que vous soyez un tant soi peu fidèle... (et la fierté du barman quand je suis passée du caffè americano (le plus long disponible ici) au caffè lungo, pour finalement m'habituer à le boire court, façon dé à coudre, comme tout le monde)
-"il s'avère que votre tailleur travaille chez Versace"...
=s'il est vrai qu'ici beaucoup ont recours aux service d'un tailleur (ce qui n'est pas si cher, les tailleurs étant légion), pour ce qui est de Versace... on parle de qui là, de la boite dont la directrice de création est effrayante tant elle est déformée par la chirurgie esthétique? (et dire que ces gens-là sont sensés nous faire réver...)
-"on ne vous refuse jamais une table dans le jardin de l'hotel Bulgari"... mouais... des buis miteux, des pelouses rases et des coussins marrons... à choisir je préfère nettement la terrasse du bar du Corso como 10...
-il faut aussi, caution intellectuelle oblige, "aller voir des films au Anteo Spazio Cinema", l'un des rares à diffuser des films en VO... mouais... je me contente pour ma part de la cinémathèque et du cinéma Gnomo, mais je n'ai jamais testé... ceci dit si les gens qui y vont sont les memes que ceux concernés par les précédents points, je préfère fuir ce genre d'endroit!
-"Giorgio Armani lui-meme vient vous saluer à votre table au Nobu" (son restaurant japonais à Milan)
=tu crois qu'il passe sa vie dans son restaurant? alors qu'il a une maison de fou sur l'ile de Pantelleria? remarque, quand j'y pense, je l'ai aperçu plusieurs fois via Manzoni, aux alentours du restaurant... tu crois qu'il passe sa vie dans son restaurant à venir saluer des gens pour les faire se sentir in? finalement, le temps de l'étiquette à la française n'est pas révolu, les riches et puissants s'emmerdent toujours à la Cour, à flatter les uns, disgracier les autres...)
-"vous avez un compte chez Peck"
=pour votre gouverne, Peck est une épicerie vaguement chic avec des trancheuses à prosciutto en vitrine, vendant des fromages dingues, des macarons et du porc à 50 euro le kilo (entre autres)... leur panettone est parait-il fameux, et les seuls snobs que je connaisse gardent religieusement, exposés dans leur cuisine, des paquets de pates estampillés chérement acquis dans cet antre de la gastronomie, attendant la date ultime de péremption pour les oser gouter...
-"vous avez appris à vous garer sur le trottoir"
=bravo! cela dit je crois que ça se fait moins qu'avant... ou alors je me suis habituée et je n'y fais plus attention...
-"vous n'etes jamais en ville les week-end, jours fériés ou au mois d'aout"... c'est donc pour ça que depuis la crise, certains milanais se cachent chez eux, volets fermés, au mois d'aout... la peur d'etre out! plus sérieusement, les gens ici vivent dans la peur de n'avoir rien fait de leur week-end, et c'est la mine anxieuse, les jours précédents Paques, qu'on vous demande ce que vous avez de prévu... (des fois que vous ayez trouvé plus in qu'eux!)
-"sauf cas d'urgence, vous ne vous envolez jamais, jamais, de Malpensa"... là il me faudra demander quelques explications... peut-etre parce que la majeure partie des vols low cost part de cet aéroport et que les insiders ne voyagent pas avec les pauvres... ou parce que l'aéroport de Linate est beaucoup plus proche de Milan...allez savoir...
-"Le détecteur de métal s'éteind à Linate et les vigiles vous font signe de passer quand meme"... ?? genre vous etes au dessus de tout soupçon? ça veut dire quoi au juste? ça aurait tant d'importance que ça? quelqu'un peut m'éclairer (sachant que moi je prends le train...)
-"Vous pouvez, d'un seul regard, dire si la croute de la pizza, la mousse du cappuccino ou les billes de mozzarella sont bof"... genre avec des yeux lasers comme superman? les lunettes du professeur Apfelgluck? je crois surtout que l'enseigne d'où viennent les produits conditionne l'opinion du gouteur...
-"Vous ne commandez pas de poisson le lundi"... pour snober les catholiques pratiquants qui font ça le vendredi? ou alors, plus probablement, parce que le mercato ittico, marché poissonnier des professionnels, étant fermé les dimanches et lundi, la fraicheur du poisson commandé le lundi ne sera pas optimale...
-"Vous négociez des réductions dans n'importe quel magasin"... exactement le type d'attitude qui m'insupporte... l'attitude du riche au souk qui prétend négocier... et le bonheur de savoir que dans certaines enseignes, on pense comme moi, et qu'on rabroue sans ménagement le snobinard ayant tenté le coup...
-"Vous connaissez les mots magiques à glisser au portier du Plastic ‘‘Stefano
Gabbana’’... " Ah ah ah, mais laissez-moi rire! la dernière fois que j'ai mis les pieds au Plastic (boite milanaise select où filles paillettées et gay se trémoussent en rythme), après une soirée dansante mémorable et un formidable final de foule chantant Creep en coeur les bras levés (comme ça ça n'a l'air de rien, mais après 4 ou 6 vodkas ça fait son effet), notre enthousiasme pour le lieu est vite retombé... Le Mec et Le Colloc italien s'étant fait piquer leurs manteaux au vestiaire... Alors moi, les gens qui viennent se pavaner et payent des cocktails à 10 euros en billets de 500 pour finalement te faucher ton duffle-coat Muji, je trouve ça juste minable...
Score final: à peu près 5/20... donc on peut dire que je suis officiellement out...
(ça me fait penser, je ne sais pas si certains d'entre vous connaissent le Pop In à Paris (ni meme si ça existe encore... vérification faite, si). Je me suis toujours demandé s'il existait quelque part un Pop out où pouvaient se rendre les gens refoulés à l'entrée...)
un brasseur, une panthère et un plateau de biscuits...
Depuis
la semaine dernière je me promets de vous parler de ces trois livres...
voilà que je trouve enfin un moment...
"la
petite ville où le temps s'arréta" de Bohumil Hrabal
un très
joli livre, très évocateur, qui se passe dans les alentours d'une
brasserie hongroise. Une brasserie pleine de cris, de rires, de
mouvement, bref de gens. L'enfant qui raconte, ses parents et surtout
son oncle Pepi, personnage fantasque arrivé "pour une visite de quinze
jours et depuis jamais reparti". Et c'est donc là, qu'avec Pepi, le
temps s'est arrété. Pepi qui boit, danse, raconte des histoires et rit
au nez de l'occupant allemand pour distraire les filles... car si le
temps s'est arrété, l'histoire est bien là, celle de la guerre puis de
la révolution populaire qui installera une autre tyrannie... du regard
de l'enfant sur les événements, on passe à celui du père qui, une fois
chassé de la brasserie, s'inventera une nouvelle vie avec la découverte
d'un camion et se fera livreur de légumes... je ne vous en dis pas plus
et vous laisse découvrir cet auteur dont j'ai hate de dégotter d'autres
livres...
"Le vieux
qui lisait des romans d'amour" de Luis Sepulveda
Après la Hongrie, le Chili
cette fois, avec ce livre que m'a envoyé Nathalie. Changement radical
donc, puisqu'on passe du ramassage de la glace dans l'hiver hongrois à
la traque au fauve dans la foret amazonienne...
Un livre bati autour du
personnage de Antonio José Bolivar Proano, qui a passé une partie de sa
vie parmi les Shuars, tribu amazonienne, avant d'en etre chassé et
d'avoir rejoint le village d'El Idilio, où il coule des jours
tranquilles en lisant des romans d'amour et en faisant profiter les
autres villageois de son savoir acquis dans la jungle. Quand un homme
est retrouvé mort, il identifie immédiatement la culpabilité d'un grand
félin, qu'on le charge alors de retrouver. Ce livre n'est pas un livre
sur la chasse au jaguar. Ce n'est pas non plus l'histoire d'un village
au bord du fleuve Nangarita. C'est un roman d'amour. Un roman d'amour
entre un homme et un environnement qu'il a réussi à apprivoiser sans
pour autant le maitriser, entre Antonio José Bolivar et la jungle qui,
tour à tour cachette, refuge ou source de dangers, a tous les aspects
qu'aime le personnage dans les livres qu'il lit: "des livres d'amour,
tristes, avec des gens qui s'aiment pour de bon et qui souffrent
beaucoup et un happy end"... pour le happy end, on repassera, mais pour
le reste, vous etes servis!
"L'étrange
histoire de Benjamin Button" de Francis Scott Fitzgerald.
Depuis la lecture d'"Alabama
song", j'avais très envie de lire quelque chose de Fitzgerald...
Cette trouvaille en folio dans un supermarché lorrain cet été a fait mon
bonheur, mais pas forcément de la manière que l'on croit... Car si la
nouvelle "l'étrange histoire de Benjamin Button", histoire d'un homme
qui nait vieillard pour rajeunir au court de sa vie, est bien écrite et
rondement menée, c'est surtout la deuxième nouvelle du livre qui m'a
plu."La lie du bonheur" est un petit bijou. Extraite du recueil "les
enfants du jazz", cette nouvelle de 40 pages est une merveille de
mélancolie et d'abandon touchant, sans larmoiements ni débordements
psychologiques. Une économie de mots qui mène à l'essentiel et touche au
but, sans rien dire de trop, un vrai talent qui ne m'a pas frappé dans
l'histoire de benjamin Button, pourtant plus connue, sans doute en
raison du film il est vrai... Quoiqu'il en soit, si les romans de
l'auteur sont à la hauteur de cet échantillon-là, voilà qui promet de
bien jolies lectures futures!
Youhou! un vrac!
je suis spamée par Chérie FM, il est temps que ça se réveille par ici! (ceci dit je n'ai rien contre Chérie FM) (bien au contraire) ... car meme si je ne suis pas fan (du tout) des Pagny, Obispo, Calogero and co annoncés comme "chouchous" sur la page d'accueil de leur site, on y trouve aussi des trucs passionants... comme ce sondage "quelle est votre chanson préférée de Patrick Fiori", ou cette rubrique mode "Kate Moss et les ballerines" d'une originalité sans pareille... on y apprend également que dans la demi-heure précédente ont été programmés les zouk machine et les pointer sisters... (hum, est ce que ce ne serait pas plus sensé d'indiquer les titres à venir? j'dis ça j'dis rien...), que l'article le plus consulté est "les vertus du gouter" (là forcément j'approuve) et que les Capricorne ont un horoscope de folie pour la journée (ce qui est drolement bien, on en a bien besoin)...
et sinon? j'essaye de gérer plusieurs projets à la fois, et donc je cavale, bois trop de café, trouve le temps de courir et d'aller transpirer à la gym quand meme, de me livrer à d'étranges expériences du mec (comme trancher un marbré pour obtenir des effets similaires à ceux obtenus avec le marbre grace à la technique du bookmatch par Mies van der Rohe dans son pavillon de Barcelone, passionant), de classer mes chaussures par fréquence d'utilisation, d'aller voir "bande à part" de Godard à la cinémathèque (ah, du noir et blanc, des mecs à chapeaux et du madison!) et de traquer le Playmobil géant en ville...
vous m'avez manqué, promis je ne vous abandonne plus, et je nous prépare un blog tout neuf pour début décembre, avec tout plein de choses passionantes dedans (mais si), d'ailleurs n'hésitez pas à me suggérer des choses si ça vous dit (tant que j'y suis) (si vous voulez plus de photos, plus d'infos sur Milan, nouvelles rubriques etc...) (à savoir que je me réserve le droit de ne pas vous écouter!) (manquerait plus que ça...)








































